Parler de Yelo, c'est parler du chat de Kipling, le chat qui s'en va tout seul sur ses propres chemins des Histoires comme ça. Artiste spontané, il n'a suivi aucune formation artistique, n'a fréquenté aucun atelier de peinture et il se situe en marge des mouvements de l'Art contemporain. La peinture est pour lui une aventure, une tentation, un bonheur à débusquer et à saisir dans l'instant. Son guide est l'instinct animal. Cependant il ne peut être classé parmi les Naïfs et leurs petits paradis méticuleux. Il brosse à la fois plus large et plus proche du Réel. Bien qu'imperméable aux courants porteurs de l'Art d'aujourd'hui, il n'en est pas moins de son siècle - celui de la conquête de l'espace, un homme inquiet qui tourne ses espérances vers des mondes inconnus.
Né en 1964 en territoire français à Washington, il y a passé sa prime enfance et a parcouru les Etats-Unis avec sa famille. A l'immensité parfois monotone des USA succéderont les terres brûlantes et hautes en couleurs du Moyen-Orient. Installé avec les siens à Beyrouth en guerre, il sera témoin de la folie meurtrière des hommes. Il transitera à nouveau à travers des pays qui sont à la une de notre actualité, Turquie, Syrie, Jordanie etc. Quand, à l'adolescence, il rentrera définitivement en France, son pays lui apparaîtra presque aussi étranger que l'étranger pour les Français qui n'ont jamais quitté leur terre natale et il aura quelque mal à s'acclimater. De ses changements de milieu successifs et des arrachements qui lui sont inhérents, il a retiré un sentiment d'insécurité qui lui fera rechercher un foyer permanent. Ce sera la peinture à laquelle il viendra au terme d'un long mûrissement qui le lui donnera. Entre ses toiles et ses tubes de couleur, il se sent heureux chez lui. Mais avant le pinceau, il s'est d'abord initié à la sculpture et a exposé ses oeuvres à l'Iresco-CNRS à Paris en 1992 (voir site), exposition qui a eu un grand succès et lui a donné confiance en ses capacités. C'est seulement dans les années 90 qu'il s'est mis sérieusement à la peinture.
Ses toiles expriment son besoin fondamental d'ancrage et de ses racines. Sur presque chacune de ses toiles figure un arbre, une maison, un chemin et un petit bonhomme tout seul. Eléments qui sont sujets comme dans la nature aux changements de saisons ou d'éclairage. Ses terres sont apparentées au Rêve au sens proche de celui que leur prêtent les aborigènes d'Australie. Ce sont des terres mythiques et originelles, on ne les reconnaît qu'en les arpentant cent, mille fois et on ne les ensemence qu'avec ses propres rêves.
Yelo est donc bien ce chat qui s'en va tout seul sur ses propres chemins. Retiré à Colmar depuis plusieurs années, il y poursuit ses vagabondages solitaires. Il a exposé à Strasbourg et Colmar depuis 2001 et y prépare de futures expositions.